Frédéric Pauwels (Belgique, 1974)
Persuadé que la photographie dénonce mieux que les mots et qu'elle
peut contribuer à enrichir sa création, il découvre bientôt qu'elle
est une expression à part entière. Il entreprend dès lors de rendre
compte des situations qui le touchent. Pendant un an, il est témoin
du combat quotidien des sans-papiers de l'église du Béguinage. Il devient
photographe indépendant et collabore avec plusieurs journaux comme Le
Vif-L’Express, Le Matin, La Libre Belgique, Le Soir, The Bulletin…
Avec la collaboration des Médecins du Monde et du Samu Social de Bruxelles,
il réalise un reportage pendant un an sur le monde des SDF. Il apprécie
la distance que procure le noir et blanc et cherche à simuler la réaction
du spectateur en proposant des images " décalées ", différentes
de celles, immédiates, sensationnelles et parfois triviales, que propose
la télévision.
En 2002, il soutient " Une note pour chacun " en publiant un recueil de photos montrant l'importance de la musique sur le moral des enfants gravement malades et la générosité des musiciens bénévoles de l'association patronnée par José Van Dam. En parallèle, il réalise un reportage sur le quotidien de ses grands-parents et un autre sur la lente destruction de Doel, un village délaissé par ses habitants pour l'élargissement du port d'Anvers.
En 2003, il s'allie avec 6 autres photographes pour créer " LUNA ", un collectif international de photographes qui évoque symboliquement l'espace et le champ libre à l'imaginaire et aux rencontres, l'attrait de la découverte, l'envie de prendre du recul pour mieux témoigner. Luna met en lumière des situations peu connues d'un monde empreint d’humanité.
En 2004, il soutient le milieu des jockeys en photographiant la passion de deux jeunes jockeys entamant leur première saison professionnelle. A travers leur quotidien, il nous offre un regard sur la lente agonie des champs de course belges. Durant cette année, il entreprend aussi un travail de mémoire en photographiant les derniers témoins (civils et vétérans) du débarquement de Normandie pour et de la bataille des Ardennes. Portraits accompagnés des témoignages précieux et poignants sur la Seconde Guerre mondiale.
En 2005, il entame un travail de commande sur la vie d’un quartier bruxellois lié à la prostitution. Il offre une occasion unique de donner la parole aux habitants de ce quartier emblématique qu’est le quartier Nord. Regard sur les jeunes du quartier, les habitants, les commerçants et … les prostituées. Grâce à ce reportage, il devient officiellement un des collaborateurs rédactionnels du Vif-L’Express.
En 2006, il s’allie avec Christophe Smets et Jeanouche Zafinerios pour « D’ici et d’ailleurs », un livre de portraits d’immigrés en Belgique et pour une exposition itinérante qui a démarré dans les jardins du Botanique à Bruxelles. La même année, toujours avec son allié Christophe Smets, il entame un long travail de plusieurs années sur les courses cyclistes en Belgique avec un éclairage particulier sur le cyclisme féminin souvent ignoré des médias.
En septembre 2007, il rejoint l’équipe des professeurs de l'Atelier Contraste pour donner des cours du soir de photographie comme professeur numérique.
En 2008, il participe à un duo avec une photographe néerlandophone, Kaat Celis, à la demande de Culture et Démocratie. Ils exposent ensemble aux Serres Royales de Bruxelles à l'occasion du Belgian Royal Arts Reception Castle, en présence de la famille royale.
En 2009, il est nominé pour le Prix de la Presse photographique Dexia pour son travail sur la destruction de Doel. Il collabore également avec les différentes antennes belges de L’Espace P afin d’entamer un long travail d’approche dans le monde de la prostitution en Belgique.
En 2010, il reçoit le Prix du Patrimoine / Amis de L’Unesco lors du 16ème Prix National Photographie Ouverte pour son travail sur Doel. Il expose « D’ici et d’ailleurs » à l’Atomium dans le cadre de BE.WELCOME avec Christophe Smets
La photographie pour Frédéric est la mémoire de ce qu'il vit, une manière
de vivre et tout simplement une arme contre l'indifférence.
Frédéric Pauwels