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"Quand Bastogne a été libérée, en septembre 1944, nous
étions persuadés que la guerre était terminée. On ne se doutait
de rien lorsque l’offensive a commencé, le 16 décembre 1944."
Les Ardennais replongaient une nouvelle fois dans l'angoisse
de la guerre.
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Dans le Bois de la Paix à Bastogne, les vétérans américains,
à leur retour sur la terre de leurs combats, ont l'occasion
de placer une plaquette avec leur nom et leur unité au pied
d'un arbre avec l'aide d'un enfant de Bastogne.
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Julia Renard: "Sur le chemin à Lodonez, nous avons croisé
un SS, il nous a fait sortir du petit groupe et je me suis retrouvée
collée au mur, près de mes parents. Nous tremblions de peur
croyant que nous allions y passer. Mon père , qui connaissait
un peu l’allemand lui a dit que nous avions été chassés de notre
maison. Le SS nous a laissé continuer notre route et nous avons
rattrapés le groupe."
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Jean Lambert: "Nous étions terrés dans la cave sans bouger
comme des insectes qui se carapataient. Personne n’a osé sortir
pour aller à la toilette. Les arbres de l’endroit, des gros
frênes, ont été coupés en deux. C’est un miracle d’avoir échappé
à ces tirs, tout était criblé d’éclats de bombes et le sol recouvert
de débris, de branches. Quand nous avons décidé de rejoindre
les caves de la tannerie la nuit vers 10 h, il nous a fallu
3/4 h pour faire 100 m, il fallait déblayer à la hache. Il faisait
presque clair comme en plein jour à cause des fermes des environs
qui brûlaient."
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Irène Keyser: "C’est en essayant de rejoindre la maison
familiale sous une pluie de fer et de feu, portant dans mes
bras, mon petit frère Raymond (5 ans) que nous avons été transpercés
tous les deux d’éclats d’obus. C’est dans les bras de Maman,
assise sur une chaise, à la cave que Raymond avait trouvé refuge.
Raymond a demandé à Maman s’il allait mourir et s’il aurait
un petit cadeau pour son anniversaire. Maman l’a rassuré et
lui a offert la seule barre de chocolat disponible. Raymond
a prit le chocolat, l’a remerciée et a embrassé maman, il lui
a rendu le chocolat en lui disant « C’est pour toi, maman, je
vais mourir ! »"
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Ida Nicolay: "Pendant l’offensive, j’ai eu la honte de
ma vie ! En revenant de la fontaine, à la route d’Houffalize,
je marchais le long des murs du Séminaire, j’ai glissé sur le
trottoir. Un GI est venu pour voir si j’étais blessée. Je m’étais
juste éraflé le genou et m’emmène de force dans la chapelle
du Séminaire où il y avait un hôpital. Ce soldat entreprit de
me faire un pansement maladroit, je me trouvais au milieu des
soldats qui attendaient la mort et moi, je me faisais soigner
juste pour une éraflure au genou."
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Roland Delperdange montrant la photo de son père fusillé au
camp de Breendonk
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Henri Delcour montrant la carte d'identité de son père tué par
les SS: "Nous étions enfin tous à l’intérieur. Je me tenais
à côté de mon père et je me suis rendu compte très vite que
nous allions tous y passer. Les SS ouvrirent immédiatement le
feu à l’aide de leur mitrailleuse MG 42. Sans m’occuper de rien,
ni même de mon père, j’ai eu la présence d’esprit de me laisser
tomber avant le tir. Monsieur Rousseau est tombé sur mon dos,
pratiquement mort et je sentais son sang couler dans mon dos.
Quand le tir s’est interrompu, c’était épouvantable d’entendre
les gens qui agonisaient. Deux SS sont rentrés dans le hangar,
pistolet au poing pour achever tous ceux qui montraient encore
des signes de vie. Je me tenais à un morceau de bois, caché
sous le corps de Monsieur Rousseau donc le sang coulait abondamment
sur moi. Je n’osais pas faire le moindre mouvement et je faisais
le mort."
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Clementine Debroe: "Par le soupirail de la cave, tout est
devenu très clair ! Frère Angel est allé dans le corridor. C’est
le pensionnat qui commençait à brûler ! Quand nous sommes sortis
de la cave en courant vers notre maison, le toit du pensionnat
tombait ! On était à peine à l’intérieur de notre maison depuis
une demi-heure qu’un soldat habillé tout en blanc frappe à la
porte. Il avait une mitraillette et une ceinture remplie de
cartouches. Il disait « Je suis allemand, j’étais prisonnier
chez les Américains, je viens de m’évader ! J’ai répondu que
c’était impossible de s’évader avec une mitraillette et tant
de munitions. Il est reparti et après cela, ils ne sont plus
venus à la maison. J’étais persuadé que c’était un soldat américain,
il avait des chaussures en caoutchouc."
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C'est dans le Bois Jacques que des éléments de la 101ème division
aéroportée américaine résistèrent lors du siège de Bastogne
du 19 au 26 décembre 1944 puis jusqu'à la mi-janvier 1945 pour
la fin des combats dans la région. Ils s'enterraient dans les
fox-holes, subissaient les bombardements de l'artillerie allemande
et les assauts de l'infanterie."
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Denise crouquet: "Il y avait un groupe d’Américains dans
la cour, ils avaient froid et faim ayant passé la nuit dans
les bois. Je les ai fait entrer ; ils se sont lavés et je leur
ai servi à chacun deux œufs. Ils parlaient très peu le français
mais ils ont réussi à me faire comprendre qu’ils souhaitaient
se cacher à la ferme. J’ai pensé à l’armoire à casseroles de
la grande cuisine. J’avais 7 ou 8 ans, quand papa me l’avait
montrée en m’expliquant qu’on y cachait de la farine pendant
la première guerre. Il fallait soulever l’étagère à casseroles
et derrière il y avait une grande cache. J’ai dit « peut-être
pour un » et j’ai montré la cachette à un des Américains.Il
y est resté pendant des semaines alors que la ferme était occupée
par les allemands"
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Doyen Georges Galland: "Les Américains avaient installés
un hôpital militaire dans le bâtiment. On amenait des blessés
dans la chapelle et différentes salles du bâtiment. Le 5 janvier
1945, j’étais présent dans le Séminaire comme chaque jour. Non
loin du mur longeant la voie de chemin de fer Bastogne-Gouvy,
stationnait un camion américain chargé d’obus et de mines lorsque
celui-ci explose suite à un coup de l’artillerie allemande.
13 hommes et le camion sont volatilisés. L’effet de souffle
arrachait les toitures de la chapelle, brisait toutes les vitres
et ébranlait le bâtiment. Je sortis mon appareil-photo et pris
une photo d’une des fenêtres du bâtiment. Aujourd’hui, une croix
de bois témoigne du drame."
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Victor Bouvy :" En partant avec ma famille pour fuir l'offensive,
j'avais placé cette statuette sur le sol de ma chambre et demandé
à la Sainte Thérèse de Lisieux de protéger la maison pendant
les combats. A notre retour, la maison était en ruines. En cherchant
dans les décombres, j'ai retrouvé la statuette de Sainte Térèse
de Lisieux intacte..."
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La famille Jardon dans la cave: "A travers le soupirail
de la cave, je voyais les Américains cachés derrière le mur
dans le fond du jardin pour tirer vers les lignes allemandes
en face. Un jour, j’ai vu deux pieds qui dépassaient du sentier
du jardin. Je suis allé voir, c’était un soldat américain qui
était tombé mort face contre terre dans les escaliers. Il était
complètement gelé et il a été transporté comme une planche par
d’autres soldats."
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Le
Bois Jacques près de Bastogne. Surpris par l'ampleur de l'assaut
allemand, les soldats de la 101ème Airborne arrivèrent dans
ce bois sans vêtements chauds, sans munitions, vivres et médicaments.
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Josée Clotuche avec une douille d'un obus américain
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l'Abbé Léonard Georges: "Après l’offensive, le Séminaire
ayant brûlé, notre rentrée a été retardée et officiellement
raccourcie. Quand les cours ont repris, notre professeur d’Allemand,
monsieur Musty nous apprenait qu’il avait été témoin à Bande
du massacre de quatre camarades de classe. Après avoir échappé
à l’enfer de Bastogne, avoir échappé aux combats et au massacre
de Bande, j’ai pris la décision d’abandonner ma passion du chemin
de fer pour accepter de devenir prêtre."
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Léon Jeunejean: "...Je devais me présenter à un bureau
pour le travail obligatoire en Allemagne, je ne m’y suis pas
rendu et je suis rentré dans la clandestinité. Mon père avait
arrangé une cache dans le grenier. Un mur séparait le grenier
en deux, seul un petit trou me permettait de passer de l’autre
côté du mur. Mon père avait installé un système avec une sonnette
de vélo attaché à une poutre du grenier relié par un câble descendant
jusqu’au rez-de-chaussée. Quand il voyait les Allemands entrer
dans la rue, il tirait sur le câble et moi, je me cachais. Ils
sont venus deux fois, j’entendais leurs bottes ferrées taper
dans l’escalier et dans le grenier. Je ne connais personne qui
n’aurait pas eu peur dans ces moments-là."
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Marcel D'haese: "Une compagnie du 5ième Bataillon de Fusiliers
en patrouille le long du chemin de fer à la Vesdre capture des
parachutistes allemands. Des Allemands revêtus de l’uniforme
américain seront également capturés par les soldats belges le
18 décembre entre Remouchamps et Stoumont au moment de la percée
du Kampfgruppe SS Peiper dans les environs. A plusieurs reprises,
le Bataillon a opéré en première ligne avant d’être relevé par
des unités américaines."
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Le Bois Jacques. Il reste encore des traces de la bataille:
les fox-holes sont encore présents...
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Marcel Lafontaine: "Tout était détruit, les cadavres jonchaient
la route, tous des personnes âgées. Nous n'avions plus aucune
hygiène, car il n’était pas question de prendre une seule goutte
d’eau des puits qu’on connaissait. Des munitions traînaient
partout, la situation était intenable surtout avec ma sœur malade.
Mes parents ont obtenu des Américains d’être transféré à Arlon
où il y avait un médecin établi dans une école. Ma jeune sœur
a été admise dans cet institut transformé en hôpital de fortune,
elle y décédera quelques jours plus tard ! Les autres enfants
et moi-même furent soignés dans un autre hôpital, avant d'être
admis dans des familles d’accueil. Nous sommes retournés avec
nos parents, à la maison au mois de janvier 1948."
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Marcel Ozer: "J’ai alors pensé à Mademoiselle Beaupain
qui faisait souvent le service d’infirmière pendant les courses
d’autos, et je suis allé la trouver. Elle n’a pas hésité un
seul instant et après avoir constaté les blessures de notre
G.I et n’étant pas suffisamment équipée, elle nous dit de le
transporter à l’hôpital. Celui-ci se trouvant de l’autre côté
de la rive, j’ai décidé d’amener le soldat. A 10h30, nous plaçâmes
Tony Calvanese sur la civière, recouvert d’une couverture de
la tête aux pieds, pour éviter qu’il ne soit reconnu des Allemands.
Je portais la civière avec Louis Van Lancker suivis de l’abbé
Bernard, de Gustave Beaupain et de sa sœur Berthe revêtue de
sa tenue blanche d’infirmière.Nous n’imaginions pas tomber nez
à nez avec les tanks allemands qui descendaient la route du
Vieux Château.Lorsque le premier Panther est passé, nous avons
repris la civière et nous avons traversé le pont entre deux
chars, il n’y avait pas de fantassins derrière mais je n’osais
pas me retourner, me demandant combien de chars pouvaient se
trouver derrière nous..."
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Maus De Rolley: "Un matin, ma belle-sœur alla faire sa
toilette dans une des chambres du premier étage. A la lueur
d’une bougie, elle commença à se déshabiller et se lava, lorsque
des grincements des ressorts du lit et des ronflements l’interrompirent
dans sa toilette. Se rendant compte qu’elle n’était pas seule
dans la chambre, elle sortit affolée de la chambre en se demandant
qui pouvait bien occuper cette chambre. Le lendemain, nous avons
appris que c’était le général Patton, arrivé tard dans la nuit
qui avait pris possession de la chambre. Ce jour-là devant la
porte d’entrée, arborant ses pistolets à crosse d’ivoire, Patton
épingla sur la poitrine de Mc Auliffe et de Chappuis la Distinguished
Service Cross."
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Irène
Piton: "Un jour, le ciel s’est dégagé et nous avons assisté
à un miracle, les avions délestaient des parachutes de toutes
les couleurs. C’était merveilleux de voir ces américains qui
se comportaient comme des gosses devant toutes ces couleurs
dans le ciel bleu. Un soldat m’a photographiée avec deux de
ses compagnons regardant le spectacle. J’ai toujours la photo
aujourd’hui. La nuit de Noël, les Américains nous apportaient
des victuailles et je les entendais chanter à l’étage malgré
les bombardements. Il y avait parmi eux « le vieux mec », un
Américain d’un certain âge, je l’appelais comme ça car son nom
commençait par Mac. Il est entré dans la cave avec une poupée
« Where is my girl ? » Il cherchait ma fille, Nicole, pour lui
remettre son cadeau. Ils étaient sensibles aux enfants et considéraient
maman comme leur "Mama"
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Solange Neu avec le portrait de la Mère Supérieure de l'Institut
des Soeurs de Notre-Dame tuée dans cette cave. "Le 20 décembre
1944, un obus éclata devant un soupirail en face duquel Soeur
Emmanuelle avait fait placer le tabernacle contenant le ciboire
et les hosties consacrées. Au moment de l'explosion, elle se
trouvait en prière. Des éclats d'obus traversèrent la cave,
transpercèrent le tabernacle et le ciboire. Un des éclats d'obus
trancha la carotide de Soeur Emmanuelle."
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Dennison Jr Frank, vétéran de la 101ème Airborne
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Kelly Stumpus, vétéran de la 101ème Airborne
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Freedman Murray, vétéran de la 101ème Airborne
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Ray Nagell, vétéran de la 101ème Airborne
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Vétéran de la 101ème Airborne
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Le Bois Jacques
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Garcia Celson, vétéran de la 101ème Airborne
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Pledger Robin, vétéran de la 101ème Airborne
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Alfred Tamberelli, vétéran de la 101ème Airborne
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Vincent Vicari, vétéran de la 101ème Airborne
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Daniel Olney, vétéran de la 101ème Airborne
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Bob Lott, vétéran de la 101ème Airborne
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Vétéran de la 101ème Airborne
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Le cimetière allemand de Recogne rassemble les corps de 6.807 soldats
allemands tués lors de la Bataille des Ardennes.
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Témoignage d'affection pour un soldat américain de la 101 st
Airborne
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